Le jeu du placard vous présente : Resident Evil 4

Aujourd’hui dans votre rubrique dédiée aux jeux du passé il sera question d’une œuvre culte. Un monument qui a dépoussiéré sa licence, un genre unique et totalement révolutionné le jeu vidéo, à tel point que de nombreux s’inspire encore de lui aujourd’hui. Oui, je parle bien évidemment de toi, Resident Evil 4.

Dans une industrie où les triples A de bonnes factures sortent à la chaîne chaque année ( bon OK, là en ce moment c’est un peu la galère ), on a souvent du mal à faire la différence entre les « excellents jeux » et les « jeux marquants ». Il y a cependant deux choses qui ne trompent pas pour voir si la qualification de « marquant » est pompeuse pour un soft ; sa capacité à bien vieillir et rester digne d’intérêt des années après, et enfin bien sûr, l’influence qu’il a eu sur le reste de l’industrie. Non, ici nous n’évoquerons pas tous ces jeux qui ont été qualifiés de « marquants » pour devenir ringards 5 années plus tard. Nous allons plutôt nous concentrer sur ce qui fait que ce quatrième épisode de la saga de Capcom est devenu un des jeux les plus importants de ces vingt dernières années.

Déjà, Resident Evil 4 est sans conteste une des gestations les plus complexes de l’histoire du jeu vidéo. Une preuve rapide que tout le monde doit connaître, le prototype du jeu (dirigé par Hideki Kamiya ) était tellement éloigné de la saga qu’il s’est transformé en une licence inédite : Devil May Cry. Oui, car après une trilogie remarquable sur PlayStation, la série Biohazard s’est très vite remise en question pour ne pas s’enliser. Alors bon, on a eu le droit entre temps sur Gamecube au splendide Remake du premier épisode et un épisode Zéro qui faisait office de préquelle. Mais en 2003, les gens avaient déjà soupé de la caméra fixe et des décors pré calculé depuis 1996, pour continuer à tutoyer les sommets, Biohazard se devait d’évoluer et muter tel son virus. Dans sa quête du « Resident Evil nouveau », Capcom a longtemps tergiversé, a même présenté lors des événements « Resident Evil 4 » que cet opus n’aura rien à voir avec le jeu que l’on connaît. Les plus anciens se souviendront de la version « brouillard » où Leon se faisait chasser par une masse obscure dans des laboratoires d’Umbrella, d’autres se souviendront de la version plus « paranormal » avec des fantômes et des poupées vaudou… Tous ces prototypes ont été balayés par Capcom, toujours plus perfectionniste. Petite note amusante, en écrivant ces lignes et en faisant un travail de recherche j’ai appris qu’une quatrième version ( qui n’a jamais été montrée ) a aussi été tuée dans l’œuf par l’éditeur japonais.

Dos au mur avec un projet qui les dépasse, Capcom doit rappeler en 2003 le grand papa de la série, Shinji Mikami, et c’est là que la magie prend place… Géniteur de la saga, Mikami va aussi être celui qui va la transformer et réussir à mener à bout le projet Resident Evil 4. De tous les essais avortés, quelques idées seront gardées. Le papa de Biohazard a un objectif, faire de ce quatrième épisode une réussite critique et commerciale, sinon c’est toute la saga RE qui s’éteindra. Spoiler Alert, mission réussie par l’équipe, et de quelle manière !

Si pas mal de personnes connaissent le développement houleux de notre jeu du jour, quasiment tous connaissent son synopsis, alors on fera court. Six ans après les événements de Raccoon City, Leon S.Kennedy a bien changé, adieu le poste de policier et bonjour à celui « d’agent spécial ». Il faut croire que survivre à une apocalypse zombie offre de sacrées promotions. Sa mission sera de retrouver Ashley Graham, fille du président américain, qui a été enlevé et qui semblerait être détenu dans un village rural Espagnol. Malheureusement une fois sur place rien ne se passera comme prévu, les villageois sont tous agressifs envers notre héros, brandissent leur fourche, hache et leur tronçonneuse pour chasser Leon de leur terre. On apprendra au fil de notre aventure que ces autochtones sont infectés par un mystérieux parasite, Las Plagas, permettant à la secte locale des Illuminados de garder un contrôle total sur eux. Pas de bol, c’est cette secte qui est en possession d’Ashley, et la mission de sauvetage risque d’être explosive.

En 2005, la première chose qui frappait avec Resident Evil 4, c’est à quel point le jeu balaye les codes de sa saga en termes d’ambiance. Exit l’influence des films de Romero vu que le jeu abandonne complètement ses zombies, place aux Ganados. Résultat, le jeu va piocher beaucoup plus dans les inspirations de slasher avec des films comme Massacre à la Tronçonneuse, Evil Dead ou encore Terminator pour son chef du village invincible… Les influences sont nombreuses et sont toutes bien intégrées au jeu. Ce quatrième épisode n’avait pas seulement écarté les zombies de l’équation, non le jeu avait eu l’audace de tirer un trait sur ses plans de caméra fixe. Cette dernière est désormais placée au niveau de l’épaule droite de Leon pour renforcer l’action. Là où les précédents épisodes jouaient sur le hors-champ pour coller des frissons aux joueurs, désormais la peur ( ou plutôt le stress ) est dû à cette caméra très proche, limitant fatalement notre champ de vision. Ce nouveau point de vue a été salvateur pour la saga, mais aussi pour le jeu vidéo. Sans ce coup d’essai, pardon de maître, pas Gears of War, de Dead Space, ni de Batman Arkham et toute la vague de TPS que vous avez adorée sur les dix dernières années. Grâce à ce jeu, on a découvert une nouvelle façon de jouer au jeu d’action. Comment s’y est pris God of War pour renouveler son gameplay et sa saga ? Bingo, un petit passage de la caméra à l’épaule. Leon, Kratos, même combat.

Aujourd’hui en 2020, toucher à RE4 pour la première fois, après avoir saigné des modèles de TPS souple comme Vanquish ou Control risquent de piquer un peu. Mais après avoir soufflé un bon coup sur la poussière qui entoure la relique de Capcom, vous risquez d’être surpris par le nombre de qualités que possède encore le soft. Alors déjà on va lancer en rafale toutes les choses qui « piquent » dans le gameplay : impossibilité de viser et marcher en même temps ? Aïe, devoir ouvrir son inventaire pour chaque changement d’arme ? Relou… Impossibilité de srafter ? Super… Voilà maintenant vous êtes prévenus des plus gros coups de vieux qu’a pris le jeu, oui car pour le reste c’est encore impressionnant. Déjà le soft va souvent renouveler son bestiaire et ses environnements pour toujours vous mettre à l’épreuve. Toutes les heures c’est un nouvel ennemi qui va rentrer dans l’équation, voir carrément un nouveau boss XXL. Après avoir enchaîné les headshot sur des dizaines de Ganados, hop, on vous sort une cinématique et c’est parti pour un boss fight qui sera mémorable. On ne va pas tous les citer, mais remémorons quelques classiques comme El Gigante, « le combat de la grange » avec une créature tout droit sortie de The Thing ou encore Verdugo avec son design proche d’un certain huitième passager…

Le soft sait également renouveler ses situations avec par exemple la défense d’une maison contre une horde, ou encore des phases d’escorte d’Ashley. Vu de loin Resident Evil 4 pourrait avoir des allures d’usine à gaz, mais tout arrive à rester cohérent et agréable à jouer. Autre bonne idée du jeu, le marchand. Ce PNJ mystérieux pourra vous vendre des armes et les améliorant moyennant vos pésétas glanées ici et là, y faut croire que dans l’univers de Capcom l’Espagne n’est pas passée à l’Euro. Cet ajout est bien trouvé vu qu’elle permet aux joueurs de se façonner leur façon de jouer. Plutôt tout miser sur mon pistolet afin d’en faire une arme polyvalente ? Améliorer à fond le fusil à pompe pour devenir un monstre à courte portée ? Ou pourquoi pas capitaliser sur mon sniper pour aligner des têtes au loin ? À vous le choix, et globalement tous seront bon.

Ce quatrième épisode est celui qui a aussi lancé la mode du « over the top » pour les Resident Evil, il suffit de voir les épisodes 5 et 6 pour en être convaincu. Là où les précédents jeux flirtaient très rarement moment dans la pure action, cet épisode embrasse totalement cette vision. Leon enchaîne les high-kick pour coucher les Ganados, les esquives à base de QTE pour s’échapper ou encore de jolies pirouettes dans certaines cinématiques afin de se sortir de certaines situations périlleuses. Effectivement Leon a pris du gallon depuis son dernier épisode. Alors avec du recul on voit très clairement que le succès retentissant a aussi amené les années de galère qu’a connu la licence avec RE5 et surtout RE6. Ceux qui ne savaient plus où s’arrêter dans leur déluge d’action épileptique. Heureusement avec ce titre, Mikami arrive à garder la tension propre à la série et ne va jamais trop loin dans l’action. Le jeu sait mettre en avant des passages tendus comme votre rencontre avec les Regenerados et les Novistador.

En termes de réalisation, si le jeu tenait du miracle sur Gamecube, force est de constater qu’aujourd’hui le jeu a pris un petit coup de vieux. Les modèles 3D ne sont pas très détaillés, on a pas mal de clipping et surtout en matière de couleur, vous verrez surtout du gris et du marron. Pour le coup RE4 n’est pas l’épisode de la saga le plus inspiré artistiquement, car mis à part quelques jolis sursauts artistiques dans le second tiers du jeu, vous allez manger de la soupe grise et maronnasse. Par contre niveau « remasterisation » c’est du sérieux. On a le droit à une version sublimée avec du 1080p, alors que le jeu était bloqué à 720p sur Xbox 360, et un 60FPS qui ne chute pas. Là où la version de 2005 tournait à 30 FPS. Avec en bonus un anti aliasing qui fait plaisir. On rappelle que ce remaster est vendu 20 €, là où certaine « Definitive Edition » plus fainéante ne sont pas vendu en dessous des 30 euros, suivez mon regard… Niveau sonore, si deux trois thèmes sortent du lot, comme celui des safe-room, on a pas la BO la plus marquante de la série. Par contre on a le droit à de jolis doublages qui soulignent parfaitement le scénario ubuesque du jeu, avec notamment, le légendaire « No thanks, Bro » de Leon à Salazar.

En une grosse quinzaine d’heures, vous aurez vu le bout de Resident Evil 4. Rajoutez en trois-quatre pour voir les contenus annexes comme la campagne d’Ada qui permet d’éclaircir quelques points du scénario et de raccrocher les wagons avec l’histoire de la trilogie originale, enfin du moins essayé. Niveau succès on a affaire a un jeu pas spécialement retord, on vous demandera cependant de réussir le jeu en difficulté maximale, mais aussi de « s’investir » dans un mini-jeu guère passionnant. Mais en bouclant le jeu, c’est 550 G qui vous attendront bien au chaud.

Maintenant j’aimerais profiter de cette rubrique pour évoquer l’inévitable Resident Evil 4 Remake qui devrait débouler en 2022. C’est un projet à la fois terriblement excitant et un poil terrifiant. Vraisemblablement ce remake devrait prendre la même orientation que les très bons épisodes 2 et 3. Donc une relecture totale du gameplay et pas mal de modifications ici et là dans la structure et le scénario. Mais c’est un secret pour personne, les remake de RE 2 et 3 sont très inspirés de ce quatrième épisode, d’une certaine façon la boucle sera bouclée. Du coup l’équipe en charge de cette refonte doit travailler avec un sacré dilemme : doivent-ils peu toucher au cœur de Resident Evil 4 en se contentant de le sublimer techniquement tout en le rendant plus accessible ? Avec par exemple une refonte des contrôles et de l’inventaire. Ou alors, prendre le risque de modifier une œuvre culte en la remodelant de A à Z, quitte à décevoir. La pression sur les épaules de l’équipe aux commandes doit être immense, un peu comme sur celle ayant travaillé sur l’épisode original.

Toujours est-il que si vous voulez jouer à Resident Evil 4 dans sa version One, elle est disponible au prix de 19,99 €, mais joli hasard du calendrier, le jeu est actuellement en promotion pour seulement 7,99 €. Franchement découvrir un des jeux les plus importants des années 2000 ou se replonger dans l’aventure de Léon pour le prix d’un menu Big Mac, c’est dérisoire, donc foncez. On se retrouve la semaine pour un nouveau jeu du placard, d’ici là bon jeu et bonne semaine à tous !

Atome

Ecrit par : AtomTimmy

2 Commentaires :

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  1. Nico Copel

    Apres perso je suis partagé avec ce jeu…. ya l’ambiance mais capcom et ses « remasters » degueux vite faits du pauvre…. ca me soûle un peu….

    alors oui c’est un des monuments vidéoludiques des années 2000 on est d’accord mais sérieux c’est impossible de toucher des nouveaux joueurs avec un gameplay aussi rigide et dépassé. C’est moche, ok ca passe encore mais la, le perso est d’une lourdeur….. ca donne pas envie et moi je suis un quarantenaire qui a grandit avec ce jeu la ….

    ca me donne envie d’y rejouer rien que la cover…. mais pour un joueur plus jeune qui a pas connu ce « gameplay » archaïque et les graphismes coupés à la serpe ça donne pas envie même à 2 balles en promo….

    • Atome

      Salut, la rubrique du jeu du placard essaye de remettre avant tout les jeux dans leur contexte =) comme tu as pu voir le texte est destiné à expliquer pourquoi c’est un des jeux les plus importants des années 2000. En termes de remaster Capcom force pas mal c’est clair, et le jeu a vieilli ! Mais pour moi il a suffisamment de qualité pour être revisité en 2020 ( si on arrive à se faire au maniement). Son sens du rythme, son ambiance, la variété de son bestiaire, tout ça ces des qualités que RE4 aura toujours. Donc vivement que Capcom souffle sur la poussière qui enveloppe le jeu avec un remake, histoire que les jeunes joueurs élevés au Uncharted et au Gears puissent voir le monument que c’est, et pas juste être rebuté par les graphismes et la jouabilité =)

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