Plus de cinq ans après son annonce par Capcom, Pragmata refait enfin surface. Nouvelle licence dans un paysage dominé par les suites et les remakes, le projet fait figure d’exception à l’heure où l’industrie du jeu vidéo traverse une période délicate en 2026. Porté par le succès critique de Resident Evil : Requiem, l’éditeur japonais avance en confiance et entend bien capitaliser sur cette dynamique. Reste une inconnue : en misant sur une formule qui lui est propre, Pragmata peut-il s’imposer comme la grande surprise de ce mois d’avril ? C’est ce que nous allons analyser.
Nous prenons la direction de la Lune, dans une station où les humains ne répondent plus aux appels de la Terre. Nous incarnons Hugh Williams, envoyé en mission de secours avec une équipe de chercheurs en quête de réponses. À peine arrivés sur place, de violents tremblements de séismes frappent alors la base, et Diana surgit de nulle part pour vous sauver.
Cette dernière est une jeune androïde dotée de capacités de hacking, des compétences idéales pour compléter votre puissance de frappe. Cette complémentarité entre vous et elle constitue le cœur de l’expérience, un lien qui donne tout son sens à Pragmata. Ici, pas de mode multijoueur : Capcom fait un choix clair en misant sur un jeu d’action-aventure solo, comme on en voit de plus en plus rarement en 2026, mêlant modernité et tradition. Le thème de l’intelligence artificielle est d’ailleurs au centre du jeu, mettant en lumière autant les capacités impressionnantes de cette technologie que les dérives possibles si elle tombe entre de mauvaises mains.

Un gameplay qui fera parler
Nous comprenons alors très vite que l’I.A., nommée IDUS, ne poursuit qu’un seul objectif : votre mort, tout en préparant une prise de pouvoir contre toute forme de vie. En incarnant à la fois Diana, mais aussi Hugh Williams, il faut comprendre que Capcom tente de se réinventer et de bousculer les habitudes des joueurs. En effet, le gameplay constitue à la fois la principale force du jeu, mais aussi sa plus grande faiblesse. Nous y reviendrons en détail dans ce test, tant le contenu s’annonce dense. Une chose est sûre, Pragmata ne laisse pas indifférent. Hugh se joue à la troisième personne, et sa tenue de cosmonaute rend ses déplacements particulièrement lourds, rappelant par moments Dead Space. Mais face aux forces robotiques qui se dressent contre lui, le personnage n’a tout simplement aucune chance seul. Sans les capacités de hacking de Diana, impossible d’espérer regagner la Terre. Sur le papier, ce mélange entre force humaine et compétences robotiques est une idée séduisante. Mais comment la traduire concrètement en jeu sans lasser le joueur ? C’est précisément là que Pragmata divise et ou divisera. Pour en apprécier pleinement l’expérience, il faut se laisser porter par l’histoire, par la douceur de la jeune androïde, mais aussi par le passé, loin d’être anodin, de Hugh.
Oui, son gameplay risque de faire parler de lui, surtout qu’il semble clairement innovant lors des premières heures, il finit par s’essouffler dans la seconde moitié du jeu. Vous devrez sans cesse jongler entre les tirs de votre personnage humain et la gestion de puzzles liés à l’androïde, capables de geler, griller ou ralentir la progression des ennemis. Au début, ce choix ambitieux capte immédiatement l’attention, mais de nombreux joueurs pourraient ressentir une certaine lassitude à force d’enchaîner les combats. Personnellement, la formule parvient à convaincre sur la durée, mais surtout grâce au nombre important d’armes mises à votre disposition. En effet, chaque robot possède ses forces et ses faiblesses, vous obligeant à adapter régulièrement votre équipement. Évidemment, les hordes d’ennemis, aussi diverses que variées, s’enchaînent rapidement, notamment dans les zones rouges (zones à débloquer avec une clé spéciale et offrant de nombreuses améliorations).

L’enfant roi is back
Capcom sait clairement raconter des histoires, et Pragmata ne déroge pas à la règle. En effet, si votre aventure ne redéfinit pas le genre de l’action-aventure dans le monde du jeu vidéo, le titre parvient néanmoins à se rendre attachant et offrira à beaucoup de joueurs une expérience singulière. On s’attache rapidement aux deux personnages, et plus particulièrement à cette jeune androïde. Toutefois, si elle est indéniablement attachante, son débit de paroles pourra en gêner certains. Oui, cette jeune demoiselle parle sans cesse, avec une voix d’enfant assez stridente, se permettant même de vous conseiller pendant et après les combats, surtout lorsque vous êtes mort. Dans votre refuge, où vous pouvez vous reposer et améliorer vos aptitudes, vous lui offrez de nombreux cadeaux, déclenchant là encore un flot de dialogues, parfois pour un oui ou pour un non. Découvrant le monde humain et adoptant un comportement enfantin, elle ne cesse de parler à tort et à travers.
L’aventure ne sera clairement pas de tout repos, quel que soit le niveau de difficulté choisi. Pragmata n’est pas un jeu simple, et si vous n’aimez pas fouiller ou chercher du loot, vous ne résisterez pas longtemps face aux hordes d’ennemis. En prime, une fois le jeu terminé, un mode New Game+ propose un niveau de difficulté Hardcore supplémentaire, ainsi qu’une suite de contenu, malgré la fin de l’histoire principale. Nous vous conseillons clairement de le faire afin d’en apprendre davantage sur cet univers, qui mérite véritablement notre intérêt. Une fois encore, le mélange entre les armes et l’amélioration du piratage vous permettra de survivre à l’enfer qui vous attend, tant le nombre d’ennemis est impressionnant. Bref, pour un prix d’achat de 60 €, vous en aurez pour votre argent, et la rejouabilité est excellente.

Le moteur maison Capcom au sommet de son art
Si le gameplay s’est imposé sur une grande partie de ce test, la partie visuelle est elle aussi à souligner. Le moteur « fait maison » de l’éditeur Capcom est incroyablement maîtrisé par les développeurs et offre à Pragmata une beauté sans égale. Sur la Lune, nous découvrons des paysages sublimes, même si la station manque clairement de créativité. Mais dès lors que vous la quittez pour vous rendre dans l’espace, c’est la claque. Dans une grande fluidité sur Xbox Series X, vous pouvez enchaîner les combats avec un framerate stable en toutes circonstances. C’est une démonstration impressionnante et un retour en force de Capcom sur le plan du jeu vidéo. Beaucoup d’éditeurs souffrent actuellement de la crise économique, mais Capcom semble évoluer dans une autre dimension. Notons la présence d’aliasing par moment dans le jeu afin d’être très précis.
Si la partie visuelle est incroyable, l’ambiance sonore est elle aussi impeccable. Les bruits des armes, dans la station comme dans l’espace, sont particulièrement réussis, tout comme les explosions, qui en font un jeu de premier plan. Mais le véritable tour de force des développeurs réside dans leur capacité à transmettre des émotions : difficile de rester insensible du début à la fin du jeu. Même les joueurs les plus endurcis pourraient verser quelques larmes. La durée de vie est également bien équilibrée : ni trop courte, ni trop longue. Il faudra compter entre 12 et 15 heures pour terminer le jeu de base, et environ 10 heures supplémentaires pour atteindre le 100 %. Pour débloquer les 35 succès de la fiche de jeu, la difficulté du succès « Conquérant de la Lune – Terminer » risque de vous en faire voir de toutes les couleurs, tant les ennemis sont puissants et nombreux.

La nouvelle licence de Capcom est une véritable réussite pour SuccesOne.fr, mais Pragmata n’est toutefois pas parfait. Créer un nouvel univers est un défi complexe, mais les développeurs semblent avoir réussi leur pari. Néanmoins, le manque de profondeur de gameplay sur la durée pourra déplaire à de nombreux joueurs. Libre à vous de craquer ou non, mais Pragmata s’impose comme le jeu de ce mois d’avril 2026.
Nous remercions Capcom pour nous avoir fourni une version dématérialisée de Pragmata. Le jeu a été testé sur Xbox Series X lors de plusieurs sessions représentant plus de 15 heures de jeu.
Points positifs
- Visuellement très réussi
- Ambiance sonore de premier plan
- Boss de grande qualité et variété
- Gameplay a la fois novateur....
- Durée de vie parfaitement dosée
- Catalgoue des armes
- Amélioration des personnages
- New Game +
Points négatifs
- ... mais aussi répétitif dans sa proposition de gameplay
- Voix de Diana parfois soulante



