Mafia: Definitive Edition

Par le dans Tous les tests, 2 en plus

Test Mafia : Definitive Edition

Après avoir eu le droit aux remasters plutôt fainéants de Mafia II et III en mai dernier, c’est aujourd’hui au tour du premier épisode d’avoir le droit à sa refonte. Mais cette fois-ci c’est du sérieux, pas de simples filtres antialiasing ou des DLC offerts pour mieux faire passer la pilule du « 40 euros s’il vous plaît ». Le jeu de 2002 se paye une transformation XXL et cela pourrait être assimilé à un vrai remake : nouveau moteur, nouvelle mise en scène, gameplay revu. Bref, Mafia ne joue pas les petits bras pour sa « Definitive Edition », mais est-ce suffisant pour investir la quarantaine d’euros demandée ? Réponse dans les lignes qui suivent.

Back to 30’s

18 ans, c’est le temps qu’il aura fallu pour que Mafia passe à la moulinette du remake. Pour tous ceux qui ignorent de quoi parle le jeu de Hangar 13, laissez-moi vous conter l’histoire du soft. Au début des années 30, Tommy Angelo est un chauffeur de taxi à Lost Heaven, ville largement inspirée de Chicago, par un concours de circonstances notre protagoniste va se retrouver membre de la famille mafieuse de Salieri. Groupe en guerre contre celui du « Don » Morello. Larcin après larcin, crime après crime et trahison après trahison, le joueur et Tommy vont découvrir que si la vie de malfrat propose quelques avantages, comme se balader H/24 avec des jolis costards noirs, elle s’accompagne généralement aussi de quelques grosses désillusions.

Bien que classique dans sa narration découpée en chapitre, le récit de Mafia reste sans aucun doute sa plus grande force. Entouré d’une galerie de personnages tous très attachants, notre héros va vivre de sacrées aventures. Même si deux trois retournements de situation sont assez prévisibles, notamment sur la dernière ligne droite, l’histoire contée par le jeu n’ennuie jamais. Les cartes sont souvent redistribuées par un événement fort. Les rapports de force entre Salieiri et Morello évoluent sans cesse au fil des magouilles effectuées et surtout le manichéisme n’a pas sa place ; pour étendre l’influence de sa famille dans la ville et prouver sa loyauté, Tommy devra souvent se salir les mains.

 

Si vous êtes familiers, avec les films de gangsters, les situations et la mise en scène rencontrées vous rappelleront quelques passages aperçus dans des longs métrages comme Les Affranchis. Le jeu de Deck 13 est un superbe hommage aux œuvres de Scorsese ou encore Coppola. Si vous trouvez que je me répète vis à vis de Mafia II c’est normal vu que le jeu tirait ses plus grandes forces dans son ainé. Mais cette fois-ci tout est sublimé par cette refonte graphique, sur laquelle on reviendra plus tard, et surtout une mise en scène modernisée. Cette Definitive Edition, avec ses cinématiques totalement revues, nous en fait voir de toutes les couleurs avec ses jolis cadrages, ses fondus aux noirs parfaits et son découpage ciselé. Pour ne rien gâcher, cette ambiance cinématographique est magnifiée par une bande-son trois étoiles et un doublage, VF comme VO, admirable.

Stairway to ( Lost ) Heaven

Arrêtons de tourner autour de pot désormais, si les qualités narratives de Mafia ont été améliorées par les retouches de ce remake, c’est surtout l’aspect visuel qui a fait un bond de géant. Même s’il n’est pas à la hauteur des plus grands cadors du genre, Mafia Defintive Edition reste un jeu agréable à l’œil. Lost Heaven est vraiment un superbe choix pour se balader et le travail de reconstitution sur ce Chicago fictif impose le respect. Car si dans cette mégalopole les textures et les modèles 3D ne sont pas les plus sexy du marché ( on va y revenir ), la ville possède une vraie identité et un véritable charme. Oui, les « open-world » où l’on peut se balader dans un ersatz de cités des années 30 ne sont pas légion en 2020. Du coup ce Mafia fait figure de candidat numéro un si vous souhaitez vous faire un trip rétro. Entre les radios, les modèles de voitures, les collectibles à base de Detective Comics ou encore l’architecture de la ville, ici rien n’est laissé au hasard pour faire voyager.

Deck 13 a en plus eu la bonne idée de dépoussiérer le gameplay du jeu original pour le rendre plus actuel. Par exemple les fusillades sont désormais dictées par un système de couverture classique pour rester dans l’ère du temps. La conduite est bien plus souple, ce qui permet de se balader dans les rues de Lost Heaven sans trop de casse, du moins sans le mode simulation activé. Dans les réajustements bien vus, on peut aussi souligner cet excellent GPS qui va montrer le chemin à suivre via des panneaux de circulation incrustés sur la route pour nous diriger de manière organique. Une idée toute bête, mais qui nous incite à moins regarder la mini-map en bas à droite au profit de cette superbe mégalopole pleine de vie.

Quelques rides ici et là

Quelques missions ont aussi été un peu revues en termes de gameplay avec des fois de bonne trouvaille, comme celle de l’hôtel ou de la course automobile. Mais on reste globalement sur un squelette très années 2000 dans les structures. On enchaîne les allers-retours en voiture en écoutant les potins de mafieux dans l’habitacle et une fois sur place on zigouille des rivaux ou on fait d’autres méfaits. En soi la structure n’est pas mauvaise, mais c’est dommage de ne pas avoir un peu modernisé tout ce pan du jeu en introduisant ici et là des méthodes annexes ou encore quelques choix. Autre chose dommageable, la magnifique toile de fond qu’est Lost Heaven n’est pas exploitée au-delà des missions. Pas une seule mission secondaire à effectuer, ni d’activités pour se divertir. Pour ma part je ne demande pas une avalanche de choses à faire et re-re-faire comme dans les productions Ubisoft, mais des petites courses clandestines ici ou des parties de poker là ce seraient bien fondues dans le jeu selon moi.

On finira d’évoquer le travail de refonte du soft en parlant des petites tares techniques évoquées plus haut. Tout d’abord le jeu se trimballe un clipping très marqué. Pour tous ceux qui ne sont pas familiers du terme il s’agit d’un défaut technique qui fait apparaître les objets ( ou les textures ) du décor assez brutalement lorsqu’on avance. Le meilleur exemple est la dizaine de flaques d’eau qui vont « poper » sous les roues de votre voiture lorsque vous roulez dans les rues de Lost Heaven. Alors oui c’est rien de dramatique, mais quand le jeu a subi un tel ravalement de façade c’est frustrant de voir de si grosses coquilles trainant sur le sol. Dernier point sur lequel la technique n’est pas irréprochable, ce sont les modélisations faciales très en retard. Alors pour les cinématiques le jeu triche un peu en élevant le niveau de détail, mais en jeu les visages font pâle figure face à la concurrence. Pour le coup, à mon sens, c’est beaucoup plus problématique vu que la qualité numéro 1 de Mafia est son récit et avec des protagonistes si peu expressifs cela peut être compliqué de s’investir émotionnellement. Mais bon après tout, les équipes de développement ne possèdent pas des moteurs graphiques qui font briller leur acteur comme le RE Engine de Capcom..

En termes de durée de vie, Mafia Definitive Edition se boucle en une douzaine d’heures. Ça peut paraître léger pour un jeu typé « open-world », mais encore une fois on a plus affaire à un jeu narratif avec en bonus une superbe ville. Pour le coup, cette structure a bien une qualité, c’est de permettre au jeu d’avoir un rythme irréprochable. À une époque où pas mal de jeux confondent quantité et qualité, avoir un jeu sans « gras » de douze heures est une petite bénédiction. Pour tous ceux qui voudraient prolonger le plaisir, il aura toujours les succès pour vous, et ce soft est plutôt corsé à ce niveau. Vous allez devoir trouver les 50  » Mistery Fox  » cachés sur la carte, les voitures rares disséminées dans des garages ou encore boucler le jeu dans sa difficulté  » classique ». Bon courage ! Mais en tout cas, quoi qu’il arrive, succès ou non, la ballade à Lost Heaven vaut largement le coup.

Travaux de refonte réussie pour les développeurs de Deck 13 qui ont réussi à dépoussiérer sans trop de soucis ce Mafia, premier du nom. Si deux, trois archaïsmes et boulettes techniques trainent pour nous rappeler que ce remake n’est pas une superproduction comme celles de Resident Evil dernièrement, l’essentiel est là et le travail est suffisamment soigné pour conseiller aux joueurs de se lancer dans cette fresque mafieuse. Portée par une narration efficace et des personnages attachants, l’histoire se suit sans aucun problème. Pour sublimer le tout, Lost Heaven est une ville parfaitement reconstituée. Si vous avez douze heures devant vous et que vous voulez jouer à un jeu simulant les sensations et l’ambiance d’un bon film mafieux, ce Mafia Definitive Edition est définitivement ( oh, oh ) un choix de goût.  

Le jeu a été testé grâce à une version fournie par l’éditeur sur une Xbox One Fat à l’agonie, vivement la next-gen. Merci à eux !

Points positifs

  • Un joli ravalement de façade
  • Conduite et phases de shoots au niveau
  • Mise en scène solide
  • Une histoire et des personnages accrocheurs
  • Travail de reconstitution et d'ambiance exceptionnels
  • Doublage et bande-son irréprochable

Points négatifs

  • Un clipping important
  • Modélisations faciales à la traîne
  • Une structure de jeu assez archaïque
  • L'I.A. est resté figé en 2002
  • Rien à faire en dehors des missions
7.5
Atome

Ecrit par : AtomTimmy

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