Ride 5 avait ses qualités, mais aussi ses limites : circuits répétitifs, contenu inégal et ambiance un peu froide. Ride 6 débarque donc sous pression avec pour objectif de relancer la franchise. Dès les premières minutes, on sent que le jeu cherche à élargir son public tout en conservant l’ADN qui a fait le succès de la série. La vraie question qui se pose est simple : cet opus parvient‑il à séduire et à captiver ?
Au lancement, le jeu propose tout de suite une nouveauté avec le choix entre le mode Arcade et le mode Pro. Le mode Arcade permet de prendre la piste sans se poser de questions, tandis que le mode Pro se transforme en vraie simulation quand on pousse les options au maximum. Là, chaque freinage, chaque trajectoire compte et la moindre erreur se paie cash. Chacun peut ainsi adapter l’expérience à son niveau et trouver rapidement son rythme, que ce soit pour rouler sans pression ou pour viser un pilotage plus exigeant.
Après le choix du mode de conduite, vient celui de la première moto. Ride 6 surprend (surtout ceux comme moi qui avaient évité de suivre l’actualité pour ne pas se faire spoiler) avec l’arrivée de nouvelles catégories. Supersport, Naked, Supermotard, Bagger, Maxi Enduro, Scooter et même des modèles plus atypiques font leur apparition. Chaque catégorie a son style de pilotage et oblige à s’adapter, ce qui fait du bien après les épisodes précédents où la variété était limitée.
Quatre roues déplacent le corps, deux roues déplacent l’âme.
Place au mode carrière qui nous embarque au RideFest, un festival itinérant où l’on choisit ses épreuves pour gagner des points de gloire en remportant des courses. La structure fonctionne mais l’habillage manque de personnalité. On est censé participer à un festival, pourtant il n’y a presque aucune mise en scène à part quelques vidéos souvent floues (streaming?) et muettes entre les groupes. Aucun dialogue et les courses s’enchaînent de manière très mécanique. L’idée était bonne mais elle perd de son impact à cause de cette absence complète de narration. On aurait aimé ressentir un vrai esprit festival avec des ambiances qui évoluent au fil des épreuves mais on reste dans une expérience purement fonctionnelle.
Autre nouveauté, la difficulté adaptative pour l’IA. Sur le papier c’est une idée intéressante mais dans les faits le résultat peut vite devenir usant. Sur certaines courses les adversaires se transforment en Valentino Rossi et il faut négocier chaque virage à la perfection sous peine de perdre plusieurs secondes. Sur les derniers tours on a parfois une impression contraire, l’IA lève légèrement le pied comme si elle avait pitié de nous. Quand on cherche juste à rouler sans pression cette exigence constante peut vraiment fatiguer. Heureusement, il reste possible de régler l’IA à la main pour retrouver un comportement plus stable et adapté à ce que l’on veut.
Un virage bien pris vaut mieux qu’un long discours.
Visuellement, Ride 6 fait un choix très marqué, le bleu ! Il domine tout: menus, HUD, circuits Blue Wave, écrans d’accueil et d’avant-course. À la longue cette dominante finit par devenir lassante. Là où Ride 5 proposait une présentation plus sobre et proche d’un vrai jeu de simulation, ce nouvel épisode donne parfois l’impression d’un jeu très arcade.
On repasse aux points positifs avec l’apparition du mode Bridgestone Riding School. Enfin, on entend des voix et les explications sur la gestion des points de corde ou des aides électroniques comme l’anti-wheelie, le TCS ou l’ABS sont claires. Ce mode fait à la fois office de tutoriel et de rappel pour les joueurs expérimentés et apporte une vraie respiration dans un jeu par ailleurs assez silencieux. Dommage que la difficulté globale des permis ne soit pas plus marquée. J’aurais aimé retrouver un niveau d’exigence à la Gran Turismo.
En piste, Ride 6 apporte quelques jolies améliorations. Les sensations de pilotage restent plaisantes et la conduite est plus exigeante. Les accélérations en sortie de virage et le pilotage sous la pluie demandent maintenant plus de précision et de technique qu’auparavant. L’apparition des secteurs de temps dans les courses chronométrées est pratique pour améliorer ses performances.
Il n’y a pas de mauvais temps, il n’y a que de mauvais pneus.
Le passage au moteur Unreal Engine 5 se fait lui aussi sentir. Les motos sont superbement modélisées et les détails impressionnent. Les effets de lumière et la météo dynamique renforcent l’immersion et donnent du relief aux pistes. Certains décors restent par contre un peu plats ou inégaux mais globalement le rendu marque un net progrès par rapport à son prédécesseur.
Le contenu du jeu est plus riche qu’auparavant. Le nombre de motos est conséquent, 340 machines annoncées dès le départ contre 270 pour la fin de vie de Ride 5. Le jeu mélange aussi habilement le retour de circuits connus et la possibilité de découvrir de nouveaux tracés. On sent que Milestone a écouté les critiques et a cherché à apporter davantage de diversité.
Côté succès, Ride 6 propose une liste bien fournie avec 49 succès pour un total de 1 000G. Une liste qui pourrait d’ailleurs évoluer dans le temps, puisque deux Season Pass sont prévus. Chaque DLC ajoutera des motos, des zones supplémentaires pour la carrière RideFest et parfois même des circuits réels.
Au final, Ride 6 parvient à relancer la franchise avec un contenu plus riche, des motos variées et un pilotage affiné. Les nouveautés comme le choix entre Arcade et Pro, les secteurs de temps et le Bridgestone Riding School apportent un nouveau souffle même si certains aspects comme l’ambiance du RideFest ou l’IA restent perfectibles. La durée de vie est honnête et les succès offrent un défi motivant sans alourdir le jeu. Un épisode solide qui séduira autant les amateurs de sensations que ceux qui veulent simplement enfiler un casque et rouler.
Jeu testé environ 15 heures sur une version fournie par l’éditeur, un grand merci à eux.
The Good
- Contenu riche et varié
- Graphismes améliorés...
- Bridgestone Riding School...
- Mode Arcade / Pro
- Mode création
The Bad
- Narration inexistante
- ...même si parfois inégaux
- Bande son










