RESIDENT EVIL 7 biohazard

Par le dans Tous les tests, 3 en plus

Test Resident Evil 7 Biohazard

Grande saga du jeu vidéo qui s’est quelque peu perdue ces dernières années (coucou l’épisode 6), Resident Evil se devait d’opérer une mue complète pour retrouver son essence perdue. Exit donc les zombies, remplacés par une famille Baker complètement barrée. Idem pour la vue à la troisième personne et les plans fixes, cette septième déclinaison surfe sur les succès d’Amnesia ou Outlast et opte pour la vue subjective. Capcom a semble-t-il voulu revenir aux bases du jeu d’horreur en misant davantage sur l’ambiance et la mise en scène que sur l’action. Petit tour du propriétaire (déconseillé aux cardiaques).

Faisons table rase du passé, oublions Raccoon City et les voyages aux quatre coins du monde, retour aux sources. Ethan, notre héros, reçoit une étrange vidéo de sa dulcinée Mia, disparue 3 ans auparavant, lui intimant de ne pas venir la chercher à Dulvey, Louisiane. Bien que doté d’un QI film d’horreur inférieur à celui d’un crustacé, on ne peut que saluer le courage de cet illustre inconnu qui décide d’y aller tout de même. Le voilà donc arrivé devant le portail de la résidence des Baker, perdue au milieu de champs touffus, devant un beau coucher de soleil qui laisse présager de chaleureuses retrouvailles avec sa douce. Le cadenas est fermé, mais pas de panique, un petit chemin nous permet de faire le tour pour enfin trouver une porte ouverte. Fin de la promenade et de la bonne humeur: l’intérieur est sombre, malsain, poisseux, et le stress commence à nous envahir.

La première demi-heure du jeu pose une atmosphère lourde, oppressante et dérangeante tout en dévoilant les grandes lignes de l’histoire. On ne sait pas encore trop comment ni pourquoi, mais il semble que Mia soit prisonnière de la famille Baker. Loin d’être accueillante, ses membres sont perchés et sanguinaires mais semblent disposer d’une capacité intéressante: ils guérissent un peu comme Wolverine. Pour ceux qui connaissent les films de Rob Zombie, on dirait qu’ils sortent tout droit de The Devil’s Reject, le côté monstrueux en plus. Le père est lunatique et violent, le fils semble avoir un retard à l’allumage et la mère…je vous laisse découvrir. Resident Evil 7 prend le reste de la série à contre pied en s’appuyant sur un presque huis-clos, l’essentiel de l’action de déroulant dans cette maison et ses dépendances. Les développeurs semblent avoir ingurgité des dizaines de films d’horreur tant les références sont nombreuses et en ont sorti le meilleur pour rendre le jeu le plus cinématographique possible.

Die in the Bayou

La différence la plus notoire avec le reste de la série, ce sur quoi la communication a par ailleurs été axée, est bien sûr cette vue subjective qui chamboule l’expérience. Finie la vue de dos, avec plans fixes sur lesquels jouait Capcom, et place à une vision interne très restreinte. A l’instar d’Amnesia, le héros marche doucement, court à peine plus vite, et dispose d’un champ de vision limité. Le rythme est donné par son souffle, qui s’accélère lors des phases plus stressantes (courses, combats, …). Quelques minutes après le début du jeu et on est déjà en panique, prêt à sauter au plafond, tant l’ensemble est crédible et oppressant. En termes d’ambiance, c’est sans conteste le jeu le plus flippant de la série. Le travail sur les éléments hors champ, que ce soit dans l’ombre, dans notre dos ou derrière une porte et les bruitages associés gardent le joueur en perpétuel stress. Par exemple, le système des portes que l’on doit pousser (en avançant avec le stick gauche) pour les ouvrir complètement nous met en tachycardie quelques secondes tant on redoute ce qu’on va trouver derrière.

L’immersion est vraiment totale grâce à cette recette. On stresse en même temps qu’Ethan et on souffle avec lui quand enfin on attend une zone de sauvegarde, rare havre de paix dans cette maison tourmentée. La puissance de Resident Evil 7 réside aussi dans ses jumps scares. Bien qu’on s’attende à en avoir, aucun indice n’est donné pour déterminer quand sera le prochain et à quoi il sera dû. Le jeu en devient limite éprouvant physiquement, tant il met le joueur dans un état de tension intense. Jouer dans le noir procure les meilleures sensations mais peut aussi mener à un arrêt cardiaque. J’ai donc très courageusement rallumé la lumière (et demandé à mes chats de rester dans le coin, au cas où). RE7 étant jouable en VR, les plus braves inconscients pourront encore accentuer les sensations. Petit bémol tout de même, si ceci est vrai pour la majorité de l’histoire, le dernier tiers devient plus redondant, moins stressant, entre autre par la force de l’habitude qui s’installe.

Ma Ma Ma Ma, Ma Baker

Qui dit Resident Evil dit énigmes. Cet épisode est certes une reconstruction mais il n’en oublie pas d’intégrer ce qui fait l’ADN de la série. Les herbes pour se soigner, les objets à combiner mais surtout les énigmes à résoudre pour pouvoir avancer. Ici, elles reposent quasiment toutes sur un système d’objets à aller chercher plus loin pour ouvrir une porte ou débloquer un mécanisme. Il y a les classiques clés d’accès spéciales, mais aussi les enchaînements d’actions comme dans la vidéo « Bon Anniversaire » (particulièrement bien pensée et vicieuse). Puisqu’on en parle, il y a quelques cassettes vidéos à regarder, dans lesquelles on incarne un autre personnage et qui permettent de décortiquer un peu l’histoire. Aucune énigme n’est trop complexe pour décourager le joueur, le challenge est d’ailleurs assez faible, les indices sont assez explicites et un peu d’exploration suffit pour trouver ce qu’il nous manquait. Le jeu est donc fait d’allers-retours assez bien pensés pour ne pas être trop redondants.

L’exploration conduira fatalement Ethan à combattre les membres de la famille Baker et des monstres qui squattent chez eux. L’arsenal est classique mais bien suffisant avec flingues, couteaux, lance-flammes, fusils et lance-grenade (on se demande quand même comment tout ça a pu atterrir chez ces gentils bouseux). Les combats sont mous et pour tout dire assez inintéressants. Il est presque toujours possible de les éviter en courant, mais la gestion un peu moyenne des collisions nous en empêchera parfois et nous obligera à tabasser quelques monstres avant de pouvoir avancer. Les armes manquent de punch, la visée est un peu lente, comme un hommage aux galères des joueurs sur les 2 premiers opus (quand on essayait de se tourner dans la bonne direction assez vite pour flinguer ce zombie inattendu). Les boss ont au moins le mérite d’être bien pensés et repoussants en plus de proposer des fights plus intéressants.

Je chasse le Mia

Entre exploration lente, combats et phases de panique totale, le rythme de Resident Evil 7 est un exemple, au moins pour les 2 premiers tiers du jeu. En gardant le focus sur les 4/5 premières heures, l’alternance et la progression scénaristique évitent tout sentiment de redite ou de répétitivité. Comme vous l’aurez compris, c’est moins vrai sur les 2 dernières heures, qui semblent presque avoir été ajoutées a posteriori pour compléter un peu la galette. Elles apportent un déséquilibre à l’histoire, qui tenait pourtant très bien jusqu’alors. Le jeu mérite pour autant d’être terminé, ne serait-ce que pour le dernier clin d’oeil à la série sous forme d’énorme ficelle qui tombe comme le proverbial cheveu dans cette soupe noirâtre et sordide. RE7 possède pas mal de références pour l’ancrer dans la série, ce qui n’est pas forcément une super idée tant il est solide « tout seul ». L’histoire incorpore, comme c’est souvent le cas, de petits rappels vers les moments difficiles vécus par la Louisiane récemment (ouragan et marée noire) avec un petit fond écolo dorénavant classique.

Côté technique, Resident Evil 7 oscille entre le moyen et le très bon. Comme vous pouvez le voir sur les screens, la direction artistique est très marquée et donne beaucoup de caractère au jeu. Elle le différencie vraiment des précédents opus et contribue grandement à la qualité de l’ambiance. Le level-design est lui aussi très réussi, l’organisation de la maison, son jardin et ses dépendances est réaliste (sa cave et les autres lieux un peu moins) et permet aux développeurs d’y cacher ce qu’il faut comme monstres pour nous faire sursauter. A l’inverse, malgré la XBox One S et une TV 4K, les graphismes sont plus critiquables. Certaines textures sont baveuses à souhait et le jeu pixelise pas mal. Les jeux de lumière rattrapent un peu le coup, avec des ombres dynamiques qui jouent aussi avec nos nerfs.  Enfin, niveau sonore, c’est très juste. Les bruitages sont exceptionnels, ça craque et ça grogne de partout. Les voix anglaises font le boulot correctement, mais c’est moins vrai en VF – privilégiez donc VO + sous-titres.

En mode facile et standard, le jeu n’est pas particulièrement compliqué. Pour en préserver la saveur, évitez les soluces pour résoudre les énigmes et vous annoncer les ennemis. En terminant le jeu, le mode Survie se débloque et apporte un challenge plus élevé. Au-delà des ennemis plus résistants, plus réactifs et plus forts, les objets sont positionnés différemment. Malgré ça, je doute que refaire le jeu ait un grand intérêt lorsqu’on l’a déjà terminé une première fois, hormis pour les chasseurs de succès. A ce titre, le jeu distribue les succès assez étrangement : tuer un boss n’en donne pas quand fermer une porte derrière soi ou crocheter une serrure le font. Il y en a 37 à obtenir, et il faudra terminer le jeu au moins 2 fois pour atteindre les 1000G.

L’expérience tentée par Capcom est donc une réussite bien qu’elle soit imparfaite. L’ambiance, l’immersion et donc les sensations le placent parmi les meilleurs jeux d’horreur de ces dernières années, malgré ses lacunes techniques et une fin poussive. Cependant, Resident Evil 7 ne restera pas dans les annales comme les 2 premiers volets de la série car moins emblématique. Pour un reboot qui ne dit pas son nom, le titre a des vrais atouts et mérite qu’on s’y attarde.

Le jeu a été testé sur une version presse fournie par l’éditeur.

 

Points positifs

  • Réellement flippant
  • Ambiance sordide à souhait
  • Direction artistique de caractère
  • Très bien construit malgré 2 dernières heures plus pauvres

Points négatifs

  • Combats mous
  • Beau mais baveux
  • Les 2 dernières heures
7
Wanerlemotu

Ecrit par : Wanerlevner

2 Commentaires :

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  1. Patrice Rainaldi

    Retour aux fondamentaux de la série avec cet opus. Flippant et une difficulté très bien dosée. RE7 a récupéré sa place de leader dans le genre survival. Un très grand jeu.

  2. Ezequiel Lavezzi

    Je ne vois pas du tout un retour aux fondamentaux, RE 1 ne ressemblait en rien à cet épisode qui tente de reprendre le côté très flippants des jeux comme outlast, mais qui oublie le côté série Z du premier ce qui est bien dommage.

    XIEXIE pour le test.

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